| Valse de Vienne |
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| Écrit par Yves-Fred Boisset | |
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VALSE DE VIENNE.
Comme un blason parti d'ombres et de lumière, La Maison des Habsbourg aux mains de Charles-Quint Etalait au soleil sa puissance première D'empire hétéroclite aux habits d'Arlequin. De plus en plus romain mais bien moins germanique Qu'on ne l'avait connu du temps des Bavarois, Le Saint-Empire en proie à sa foi satanique Semait à tous les vents malheurs et désarrois. Le monde était petit pour ce géant d'argile Qu'un pape soutenait en son rêve dément : Celui qui fait ma guerre au nom de l'Évangile De l'éternel enfer connaîtra le tourment.
L'aigle est tombé là-bas dans une morne plaine, Son aile plus jamais ne frôlera le ciel ; On le croyait granit, il était porcelaine, La défaite a brisé l'homme providentiel. Son fils ne régnera sur la Rome éternelle Mais s'en ira se perdre au fond d'un grand château, Sans patrie à chérir, sans chaleur maternelle, Les poumons enserrés dans un glacial étau. Plus loin, dans le Prater, on fête la victoire Des rois coalisés contre la Liberté ; La bergère est vengée au regard de l'Histoire, Triomphe des Habsbourg et de la papauté.
C'est dans le sang versé qu'on lit le renouveau, Le monde se nourrit de guerres et de larmes ; Le roman des Habsbourg meurt à Sarajevo, Pour cet assassinat, l'Europe a pris les armes. Maintenant leur blason se trouve écartelé Et les loups affamés aux portes de l'Autriche Déchirent de leurs dents l'Empire morcelé Sans le moindre respect pour son passé si riche. L'Allemagne vaincue attend l'heure d'Hitler Pour lui donner son corps en amante frileuse ; Du bout des âges morts, les dieux chers à Wagner Sentent revivre en eux leur âme belliqueuse.
Yves-Fred Boisset |
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