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Écrit par Yves-Fred Boisset   

INTERVIEW d’Yves-Fred BOISSET, par Philippe MARLIN.

Q : Merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions. Et, pour commencer, comme à chaque fois que nous recevons quelqu’un dans notre cabinet de psychanalyse, qui êtes-vous dans le civil?

 R : Un bonhomme l. Presque un invisible. Couleur de vie ordinaire. Marié depuis trente-quatre ans (avec la même femme) et père d’une fille qui exerce la profession de bibliothécaire. Je suis retraité depuis fin 1996 après une quarantaine d’années de vie professionnelle riche en expériences diverses. D’ailleurs, je n’aurais pas supporté de passer toute mon existence dans le même métier. Aussi, après avoir volé de branches en branches d’activités, j’ai vécu les vingt dernières années dans la blouse blanche d’un auxiliaire médical spécialisé dans la radiologie traumatologique d’urgence. Dans un hôpital public, je précise. Par choix délibéré, j’ai occupé durant ces deux décennies un poste de garde de nuits et de dimanches et j’aurais bien continué encore un peu si de stupides et aveugles statuts ne m’en avaient empêché.

 Q : Je sais que la question est difficile, mais d’où vous vient cette passion de l’ésotérisme? Comment cela a commencé?

 R : Dans ma famille, on est catholique par routine sans être bigot. On m’a laissé toute liberté à propos de mes choix philosophiques et j’ai été affranchi de toute influence. Bien que je ne sentisse point dans mon enfance et mon adolescence le besoin de pratiquer, la religion m’a toujours intrigué et, très vite, j’ai été curieux de savoir ce qui pouvait se dissimuler derrière les doctrines simplificatrices enseignées par l’Église. Il me semblait que ces enseignements comme les manifestations cultuelles destinés au grand public cachaient, volontairement ou non, une philosophie de nature mystique et spiritualiste. Cette recherche m’a très vite passionné et je me suis plongé dans cette étude avec le désir d’aborder aux grands mystères de la vie spirituelle.

 Q : Quel a été votre parcours?

 R : Sinueux dans ses débuts. Lecture et réflexion se sont partagé le temps de plus en plus grand que je consacrais à cette passion. J’ai eu la chance de découvrir de bons auteurs sans bien savoir qui tenait ma main quand elle happait tel ou tel ouvrage dans les rayons d’une bibliothèque ou d’une librairie. C’est ainsi que j’ai rencontré Papus, et, par son truchement, Louis-Claude de Saint-Martin, Martinez de Pasqually, Jacob Boehme et bien d’autres de la même veine. Puis, comme beaucoup de cherchants, j’ai fait un détour par l’Ordre rosicrucien de l’Amorc. Détour intéressant, au demeurant. On y traite de moultes sujets en relation avec la tradition ésotérique ; en vérité on y parle de tout sauf... du rosicrucianisme. Puis, ces méthodes publicitaires étasuniennes ne me paraissaient pas tout à fait à leur place dans une démarche à caractère mystique. Je suis donc allé voir ailleurs et, comme si cela avait été prévu par je ne sais quel effet de la providence, j’ai alors rencontré des personnes qui connaissaient Philippe Encausse. J’ai donc fait, en 1959, la connaissance de celui-ci qui avait, six ans auparavant, réveillé à la fois l’Ordre Martiniste fondé par son père Papus en 1891 et la revue « l'Initiation » créée par le même Papus trois ans auparavant. Dans la foulée, Philippe avait ouvert à la Grande Loge de France une loge maçonnique sous le nom de Papus. Philippe Encausse me prit en amitié et moins d’un an après cette rencontre, j’étais initié presque simultanément dans l’Ordre Martiniste et dans la franc-maçonnerie traditionnelle. J’avais alors vingt-cinq ans et un appétit hors du commun pour tout ce qui était en relation proche ou même lointaine avec l’ésotérisme. J’ajoute pour conclure sur cette question que j’ai toujours géré de manière équilibrée cette passion avec ma vie familiale et ma vie professionnelle sans que, je crois, aucune des trois n’en pâtît notablement.

 Q : Vous parlez avec beaucoup de chaleur dans votre ouvrage de Philippe Encausse. Qu’est-ce qui vous a amené à chercher à le rencontrer? Le fait qu’il soit le fils de Papus?

 R : Jusqu’à ma rencontre avec les personnes que j’ai évoquées plus haut, j’ignorais que Papus eut un fils et que ce fils avait ranimé en 1953 la flamme mise en veilleuse à sa disparition en 1916. (Rappelons qu’en 1916, Philippe n’avait que dix ans.) Je n’ai donc pas vraiment cherché à le rencontrer spontanément puisque je ne connaissais pas son existence. Mais cette rencontre a marqué pour moi un tournant ouvert sur d’immenses horizons spirituels ; c’est grâce à lui que j’ai pu rencontrer des gens aussi extraordinaires que Robert Amadou, Robert Ambelain, Pierre Mariel, Robert Deparis, et tant d’autres... Philippe était en quelque sorte la clé qui ouvrait toutes les portes et son amitié fraternelle à l’égard de tous ne s’est jamais démentie. Nous savions tous que nous pouvions compter sur lui à tout moment de même qu’aucun d’entre nous n’aurait su lui refuser un article pour sa revue, une conférence pour les associations qu’il animait et quelques heures de notre temps pour l’aider dans telle ou telle tâche.

 Q : «l'Initiation» est très proche du martinisme? Est-ce à dire que c’est votre voie personnelle?

 R : «L'Initiation» fut à ses origines l’organe officiel de l’Ordre Martiniste fondé en 1888 par Papus et réveillé en 1953 par Philippe Encausse, comme je l’ai précisé plus haut. À la disparition de ce dernier, le 22 juillet 1984, j’ai repris la responsabilité rédactionnelle de cette revue comme Philippe en avait préalablement émis le vœu. Il va de soi que cette revue est très proche de l’Ordre Martiniste de Philippe en particulier et du martinisme en général, car il existe plusieurs branches du martinisme toutes issues du tronc papusien. Et « l'Initiation », selon la volonté de Philippe Encausse et la mienne, a toujours eu pour principe fondamental de ne jeter nul anathème sur les divergences philosophiques qui ont pu naître au cours des temps entre les membres de l’Ordre. Le martinisme (comme les ordres martinistes dans leur ensemble) n’étant ni une secte, ni une société secrète, mais seulement une société initiatique traditionnelle, je n’ai nulle raison d’en cacher mon appartenance ; j’ajouterai même que je suis fier d’être martiniste et que je brandis bien haut mon drapeau. De toute manière, je ne suis pas un maniaque du secret. Cela étant dit, je veux également préciser que la qualité de martiniste n’est exigée ni des collaborateurs ni des abonnés de la revue. Cependant, nous n’avons cessé d’étendre notre ligne éditoriale à d’autres recherches d’ordre philosophique et spirituel et de donner à la revue son indépendance vis-à-vis de quelque groupement que ce soit.  

Q : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire sur Saint-Yves d'Alveydre ?

 R : Je venais à peine d’entrer dans le cercle de ses amis que Philippe Encausse, toujours lui, m’a demandé de préparer une conférence sur Saint-Yves d'Alveydre. Je ne connaissais ce curieux personnage qu’à travers quelques écrits de Papus qui semblait le tenir en haute estime. Je parvenais non sans mal à rassembler une documentation sur Saint-Yves et son œuvre ; les livres étaient, pour la plupart, introuvables et quand on en dénichait un, il fallait une certaine dose d’inconscience pour s’y plonger dedans corps et âme car, en dépit de la qualité irréfutable de la plume de cet écrivain, le fond en est souvent sinueux, voire rébarbatif, ce qui explique peut-être le manque remarquable de candidats à cette étude. Cependant, je me suis pris au jeu et j’ai relevé le défi : quelques mois plus tard, j’étais en mesure de présenter une conférence qui, malgré ses inévitables imperfections, se transforma rapidement en article pour «l'Initiation». Dès lors, on m’accola l’étiquette d’alveydrien et je dus poursuivre dans cette voie, ce qui ne me déplut pas. Quand, en 1977, Gutenberg Reprints réédita « l’Archéomètre » (publié initialement en 1912), Philippe me demanda de mettre en un livre le résultat de mes recherches personnelles. Ce livre fut édité fin 1977 et me valut louanges et critiques à peu près équitablement réparties. Il se vendit bien et les deux éditions successives furent rapidement épuisées. Je continuais à rédiger des articles et à présenter des conférences sur ces thèmes. Début 1996, un éditeur me proposa de rééditer l’ouvrage de 1977 ; j’acceptais cette proposition sous condition de pouvoir en remanier le fond, d’ajouter un certain nombre de documents et commentaires que j’avais glanés durant les dix-huit années qui s’étaient écoulées depuis. Cette réédition est donc parue en deux tomes, le premier étant consacré à la synarchie, le second, à l’archéométrie, étant bien établi que ces deux sujets constituent les deux piliers de l'œuvre fondamentale de Saint-Yves d'Alveydre.

 Q : Peut-on dire que le fait de tenter de percer les arcanes de l’archéométrie vous a apporté quelque chose de personnel?

 R : Certainement. Et même un ensemble de choses. D’abord de grandes joies comme en procurent toutes études qui réclament patience et persévérance. Ensuite, le bonheur de faire partager par des lecteurs ou des auditeurs ces joies et de me rendre utile en faisant connaître une œuvre méconnue, d’approche difficile eu égard à la rareté des ouvrages originaux de l’auteur et au prix élevé qu’en demandent les libraires quand ils en détiennent un exemplaire. Enfin, la satisfaction d’avoir pu déceler dans les multiples compositions du planisphère archéométrique le message initiatique qu’il renferme sous la forme d’une synthèse des enseignements gnostiques, cabalistiques, rosicruciens et martinéziens.

 Q : Que pensez-vous de l’ésotérisme en France aujourd'hui? Fidélité à une tradition éprouvée ou dispersions dangereuses?

 R : Les Français se prétendent volontiers cartésiens, scientifistes et rationalistes. Aussi, l’ésotérisme n’est pas perçu en France comme il l’est dans des pays moins agnotisés, tels ceux de l’Europe du nord et de leurs prolongements nord-américains, ou plus vaticanisés, tels ceux de l’Europe du sud ou de leurs prolongements latino-américains. En Europe du nord, il est perçu comme un complément aux religions, une forme d’études religieuses supérieures et il est étudié avec le sérieux qui sied à une discipline tout à fait reconnue. En Europe du sud, l’ésotérisme est assimilé au satanisme et sa pratique est fort mal vue de même que ses pratiquants doivent soigneusement se cacher sous peine d’avoir de très gros ennuis étant donnée l’influence incontournable des structures cléricales. La France n’est curieusement ni du nord ni du sud et je suis prêt à justifier cette affirmation à tout moment. À partir du XVIIIe siècle et sous l’influence des philosophes et des encyclopédistes, la France a commencé à mettre en doute les dogmes enseignés par l’Église puis, mutatis mutandis et après maintes péripéties concordataires, à rompre avec les religions en proclamant à l’aurore du 20e siècle la séparation de l’Église et de l’État. Mais on a jeté l’eau du bain avec le bébé, pour user d’une image bien connue. En effet, sous prétexte d’écarter les autorités ecclésiastiques des affaires de la cité, on a mis à l’index tout ce qui a rapport à la philosophie religieuse, ce qui a conduit à tourner en dérision ou à condamner tous ceux qui, à un titre ou à un autre, s’intéressent à ces connaissances que l’on appelle avec mépris occultes. Pour le Français moyen, bien imbibé d’esprit rationaliste, il n’est pas de distinction à faire entre les charlatans qui vivent de la naïveté de leurs contemporains et les cherchants qui entretiennent une vision spiritualiste du monde, de son histoire et de son avenir. Peut-on en France se piquer d’ésotérisme sans passer pour un faible d’esprit ou pour un individu malhonnête ? Difficilement, car, dans leur écrasante majorité, les Français ne veulent pas savoir qu’il existe un ésotérisme sérieux dissimulé derrière le paravent des arnaqueurs. C’est aussi pour cette raison que nos concitoyens, médias en tête, mettent allègrement dans un même sac sectes et sociétés initiatiques, ce qui fait bien l’affaire des premières pour ce qui concerne leur recrutement et dévalorise les secondes. Les revues ésotériques sérieuses sont peu nombreuses et, comme vous le soulignez par ailleurs, elle demeurent désespérément confidentielles ; pendant ce temps, éclosent et fructifient les revues attrape-nigauds qui donnent de l’ésotérisme une image déformée et dégradante. Les véritables ésotéristes, chercheurs libres et consciencieux, tentent de demeurer fidèles à une tradition qui, au cours des âges, a fait la preuve de sa fidélité à des idéaux spirituels et de son attachement à une déontologie sociale que ni la religion ni la politique n’ont été capables de respecter comme le montrent chacune des pages de l’Histoire. Je ne pense pas que l’on puisse évoquer un phénomène de dispersion à propos de l’ésotérisme. La vérité est qu’il existe plusieurs écoles, plusieurs voies, plusieurs modes de travail.

 Q : L’ésotérisme et la politique forment un ménage ambigu, et le flirt avec l’extrême-droite est souvent mis en exergue. Comment expliquez-vous ce phénomène?

 R : Voilà, cher monsieur Marlin, que vous m’incitez à enfourcher une de mes montures favorites. Il est de fait que de trop nombreux ésotériciens ont une fâcheuse tendance à faire l’amalgame entre la tradition, le passéisme et le conservatisme, tombant ainsi dans le piège d’une confusion hâtive et gênante. Être traditionaliste, c'est-à-dire s’inscrire dans un courant de pensée spirituelle et respecter certains enseignements transmis par l’initiation, ne manifeste pas, à mes yeux, la moindre incompatibilité avec l’intérêt que l’on peut porter au progrès tant scientifique que social et avec un engagement formel dans cette voie. Je sais que, de ce point de vue là, je suis atypique et me place en marge de la majorité des ésotériciens. Et je sais aussi que mes prises de position dans la vie de la cité m’ont valu de leur part quelques coups de bâton. Or, mes écrits le montrent abondamment, je ne suis politiquement pas un conservateur dans la mesure où je pense, au-delà des clivages partisans, que la véritable spiritualité ne peut s’épanouir que dans un contexte de progrès social, c'est-à-dire de liberté, de justice et de partage équitable des biens de la terre. S’il est vrai que depuis environ deux siècles les mouvements réactionnaires ont tenté, souvent avec succès, de confisquer l’esprit religieux et, plus particulièrement, le christianisme (pour ce qui concerne l’Occident, y compris la plupart des nations du continent américain), il n’en demeure pas moins que l’esprit initial et traditionnel dudit christianisme me paraît tout à fait apte à conforter les idéaux de liberté, de justice et de partage qui planent par ci par là autour de notre société dominée par les dogmes religieux et politiques, les inégalités criantes et les égoïsmes triomphants. On sait aussi que les dirigeants romains de l’Église catholique ont, en plusieurs occasions, soutenu les systèmes réactionnaires et renié avec force les défenseurs du progrès social ; souvenons-nous du sort qui a été réservé à la théologie de la libération en Amérique latine. D’autres exemples pourraient être cités. On n’ignore pas davantage que les sectes (si souvent confondues avec les sociétés initiatiques, comme je l’ai déjà souligné) ont tendance à pencher vers le conservatisme et à soutenir plus ou moins ouvertement les partis qui se réclament de cette famille politique. Je ne cache pas non plus que, même dans les sociétés initiatiques, telle la franc-maçonnerie traditionnelle, certains font l’apologie des idées réactionnaires au nom de je ne sais quelle soi-disant déontologie morale et de je ne sais pas davantage quelle psychose ressentie à l’endroit des rouges. La franc-maçonnerie n’est ni de droite ni de gauche et je n’en veux pour preuve que le fait qu’elle a toujours été persécutée au moins moralement et parfois physiquement aussi bien par les régimes prétendus de gauche (le bolchevisme d’antan) que par les régimes de droite et d’extrême-droite (le franquisme espagnol, le vichysme des années noires, entre autres). Il est à craindre que si un jour, par un effet électoral encore assez improbable, le Front National accédait au pouvoir dans notre pays, les loges maçonniques et leurs membres auraient à en souffrir, même si quelques unes des personnalités influentes de ce parti ont épisodiquement flirté avec l’Ordre. La franc-maçonnerie comme le martinisme laissent toute liberté à leurs membres en matière de choix politique, sujet que l’on n’évite soigneusement d’aborder au cours des réunions. À ma connaissance, ni Papus, ni Philippe Encausse n’ont professé d’idées réactionnaires tant dans leur œuvre que dans leur vie. Quant à Saint-Yves d'Alveydre, dont l’idée synarchique a donné lieu ultérieurement à des récupérations abusives (synarchie d’Empire entre les mains des technocrates et des cagoulards de l’entre-deux-guerres), j’ai démontré dans l’un de mes ouvrages que, dans la dernière tranche du 19e siècle, il voyait, dans le progrès social et l’émancipation des travailleurs (voir, entre autres, la « Mission des Ouvriers ») l’avenir de notre société.

 Q : Que représente la poésie pour vous ? Un moyen de s’évader et de rêver ? Un support supplémentaire pour pénétrer les arcanes?

 R : M’évader, de quoi ? Puisque je suis parfaitement libre et très jaloux de ma liberté de penser et d’agir. Rêver, de quoi ? La vie n’est jamais qu’un rêve tout éveillé dans le long sommeil de l’éternité. Non, le poète, je crois, doit être avant tout un témoin, un témoin de son temps et ce sont ces poètes-témoins qui ont traversé les âges et ont pris place dans les mémoires anthologiques. Pour ce qui me concerne, il y a bien longtemps que j’ai décidé de laisser en paix les petits oiseaux et les jolies fleurs, fussent-elles bleues. Aussi, dans mes poèmes, j’essaie à mon tour et sans aucune prétention actuelle ou posthume de témoigner des aléas et des aventures de notre époque. Si j’ai choisi ce mode d’expression, c’est sans doute en vertu des possibilités qu’il offre de pouvoir condenser une idée ou une histoire en quelques vers, exercice hautement profitable à un bavard de mon genre. Un poème est une espèce de flash, un instantané qui doit être primitivement agressif avant de donner lieu à une réflexion. Mais il m’arrive aussi de parler d’amour et de glorifier la femme en ce qu’elle a d’éternel quand l’homme n’est qu’un passant de l’univers. Permettez-moi de conclure sur ce sujet en citant le frontispice d’un recueil de poésie que j’avais publié il y a quelques années : « L’humour et la poésie furent les deux grandes victimes de la Tour de Babel car ils ne franchissent que difficilement les barrières culturelles et linguistiques. Et pourtant, ce sont eux et eux seuls qui, par la conjugaison de leurs efforts persévérants quoique désespérés, sauveront le monde s’il mérite de l’être ».

 Q : Quels sont vos projets en cours ?

 R : Pour l’heure, j’ai sur mon agenda plusieurs conférences programmées tant sur Saint-Yves d'Alveydre et l’Archéomètre que sur le rosicrucianisme dans ses perspectives historiques et traditionnelles au XVIIe siècle. Je continue également, avec l’aide de mon épouse et de quelques amis, à gérer la revue trimestrielle «l'Initiation» et le journal bimestriel «La Braise et l'Étincelle». Ce qui nous prend pas mal de temps. Bien entendu, je n’abandonne pas mes recherches sur l’ésotérisme en général et ma participation à des rencontres poétiques et littéraires. J’ai dans mes cartons plusieurs ébauches de manuscrits sur différents sujets mais l’édition traverse des moments difficiles et il est peu de débouchés pour les auteurs non médiatisés tel que moi. Alors... attendons.

 Merci, Yves-Fred, et à très bientôt pour de nouvelles aventures dans nos colonnes.

 C’est moi qui vous remercie, cher Philippe Marlin, de votre accueil si amical et de l’intérêt que vous portez à mes modestes travaux. Je souhaite que notre rencontre soit suivie de lendemains créatifs au service des cherchants sincères. À bientôt. 

 
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