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Écrit par Annie et Yves-Fred Boisset   

LA BRAISE ET L’ÉTINCELLE

 Le journal « La Braise et l’Étincelle » a été fondé en novembre 1995 dans le seul but d’offrir aux auteurs (nouvellistes, documentalistes et poètes) un moyen d’expression et d’échanges.

Il existe dans l’ensemble de la francophonie un nombre vertigineux de revues poétiques d’intérêt inégal et qui, à quelques exceptions près, sont peu soucieuses de s’ouvrir aux autres et d’aller à la rencontre de tous ceux qui, sans être eux-mêmes poètes ou membres d’une association poétique ou littéraire, sont demandeurs de cet art ancien que toutes les civilisations ont pratiqué.

 

Notre journal est parfaitement indépendant, c'est-à-dire qu’il n’est chaperonné par aucune association ou groupe dont il serait le porte-voix et dont il assurerait nécessairement la propagande.

 

Nous avons opté pour des livraisons bimestrielles ; une fréquence mensuelle représenterait une charge de travail que nous ne pourrions assumer sérieusement car il s’agit d’une publication artisanale réalisée par nous-mêmes sur ordinateur, une fréquence trimestrielle se traduirait, en revanche, par un trop grand écart entre deux parutions car notre volonté est bien de garder un contact permanent avec nos abonnés.

 

Nous maintenons volontairement des tarifs d’abonnement plus que raisonnables car nous n’avons, à aucun moment, nourri la moindre ambition commerciale ; les abonnements couvrent approximativement les frais de reprographie et ceux de « La Poste » dont le gros appétit n’est plus à démontrer.

 

Il nous faut dire un mot sur le choix de l’intitulé de ce journal : « La Braise et l’Étincelle ».

 

Nous sommes des traditionalistes mais nous ne sommes ni passéistes, ni conservateurs, car si nous cultivons la mémoire, nous sommes résolument tournés aussi vers l’avenir et vers le progrès. En d’autres termes, nous voulons garder en toutes circonstances un œil sur la passé et l’autre sur le futur, ce que résume assez bien la devise de notre journal : Posons sur notre temps des yeux d’éternité. Le présent n’existe pas ; il n’est qu’une illusion. Dans le film de la vie, il n’y a pas d’arrêt sur image. Tout passe en un éclair et le futur entre dans le passé avant même que nous ayons eu le temps de le saisir.

 

La « Braise », c’est le feu du passé qui couve sous la cendre et ne s’éteint jamais ; elle est le témoin de la mémoire. L’« Étincelle », c’est le feu du futur qui jaillit et éclaire l’avenir ; elle est le témoin du progrès.

 

Que nous le voulions ou non, l’humanité, en tous temps, se faufile entre sa mémoire collective et le progrès auquel elle aspire et auquel elle ne peut échapper en dépit de ses craintes de l’inconnu. Ce qui est vrai pour l’humanité l’est tout autant pour chacun d’entre nous. Fermer sa mémoire et refuser le progrès sont les deux grandes erreurs à ne pas commettre. Et cela est encore aussi vrai pour chaque peuple, pour chaque espace culturel. N’oublions jamais qu’un peuple sans mémoire est un peuple colonisable et que le refus du progrès le met à la merci de tous les prédateurs.

 

Voilà, en quelques mots, les raisons qui ont guidé notre choix dans l’intitulé de ce journal.

 

Depuis quelques années, nous avons voulu placer ce journal au « service de la francophonie ». La langue française est fortement menacée sur plusieurs fronts, extérieurs et intérieurs. Dédaignant la charge historique et culturelle qu’elle véhicule, d’aucuns la remiseraient volontiers au panthéon des langues mortes. Trop souvent malmenée par les médias français (l’audio-visuel en particulier) et trop souvent aussi méprisée par les pouvoirs publics, notre langue trouve ses meilleurs défenseurs en-dehors de nos frontières. Les Belges de Wallonie, les Canadiens du Québec, les Africains des anciens protectorats et colonies, sans parler des nombreux francophiles disséminés dans tous les continents, s’avèrent plus soucieux que nos compatriotes de sauvegarder et de protéger ce joyau qu’est notre langue.

 

Notre journal ouvre avec enthousiasme ses colonnes à tous ceux, écrivains, poètes, enseignants, qui, par leur action, témoignent de la volonté de maintenir la langue française et ses valeurs humanistes en face d’une anglomanie outrancière tournée, dans un premier temps, vers le mercantilisme et la finance et, en finalité, vers la pensée unique.

 

Nous n’avons point voulu concurrencer ou porter ombrage à des publications du même type mais antérieures à notre fondation. Ni nous emparer d’un terrain sur lequel campaient déjà des confrères.

 

Nous savons que certains d’entre eux, en petit nombre certes, ont pu en effet éprouver ce sentiment. Mais nous savons aussi qu’il en y a justement parmi ces derniers quelques uns toujours prêts à dévorer les confrères en difficulté même passagère aux fins d’étendre leur surface et leur hégémonie.

 

Pour terminer ce bref historique en forme de profession de foi, nous confirmerons ce que nous avons toujours proclamé, à savoir que ce journal n’est pas notre journal mais celui de nos lecteurs et que nous nous sommes fait un devoir déontologique de ne jamais y parler de nous, d’y publier nos propres textes, d’y montrer nos trombines ou d’y faire notre éloge.

 

Annie et Yves-Fred Boisset.

 

 
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Les prochaines émissions de L’Onde poétique (IDFM Radio-Enghien, 98 MgH) auront lieu les mardis 9 janvier et 12 février 2008 de 20 heures à 22 heures.

 

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